jeudi 29 juin 2017

La maison des reflets - Camille BRISSOT

Quatrième de couverture: Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent les morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je-ne-sais-quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aimaient. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.

Notre histoire avec le livre: Nous avons reçu cet ouvrage de la part de la Maison d'éditions SYROS et nous les remercions chaleureusement pour avoir renouveler leur confiance à notre égard, par cet envoi.

L'Avis de Laetitia

Mes impressions: Daniel, adolescent, vit dans une maison des reflets. Cette maison en est peuplée: le principe est de permettre aux proches des disparues de faire leur deuil avec douceur.
Cet environnement si particulier l'a rendu différent des adolescents de son âge. Depuis toujours, il y vit, sans en être sorti. Ses amis sont des reflets, doubles virtuels de personnes disparues. Sa propre mère, morte aussi, continue de veiller sur lui.  

L'adolescent ressent toutefois une grande solitude, son père étant un acharné du travail et n'ayant que peu de temps à lui accorder. Un jour, celui-ci le met au défi de créer un nouveau décor dans lequel évoluera des doubles virtuels. 
Il décide alors de sortir de la Maison et de découvrir cet environnement qui lui est inconnu. Daniel explore alors les différents sentiments humains et découvre les limites de l'illusion face à la vie réelle. 

J'ai adoré cette lecture: on découvre un véritable monde à part entière. Des paysages virtuels enchanteurs, un manoir mystérieux, un personnage principal attachant et tendre et la possibilité de continuer à voir nos proches disparus, tout m'a plu dans ce roman. 

L'écriture de Camille Brissot est d'une fluidité addictive, les chapitres défilent sous nos doigts sans que l'on ne s'en rende compte. A chaque fois que j'ai du délaissé le roman pour reprendre mon quotidien, cela a été avec regret. 

Le deuil est abordé avec délicatesse malgré sa dureté et nous entraîne dans une introspection profonde sur notre manière de le voir. Malgré la dimension fantastique qui est donnée à ce thème, en effet, il est impossible de ne pas se poser de question si nous avions, nous aussi, cette possibilité de rendre visite à des doubles de nos proches partis dans l'autre monde. 

"Et si les fins n'étaient que  le début d'une autre histoire? "

Des thèmes comme l'émancipation, le premier amour, sont également inclus dans cette histoire, qui pourraient plaire à un public jeunesse/adolescent.  Les changements qui surviennent, l'envie de découvrir le monde et l'intensité des émotions pourraient les interpeller. 

Cette lecture a été un coup de coeur: lumineux malgré le sujet, addictif et original, je le conseille fortement. Vous passerez très probablement un excellent moment de lecture, comme moi!



L'avis d'Elsa

Mes impressions : Daniel vit dans la maison des départs, une maison où il a tout : une famille, des amis et où il peut voyager sans sortir de chez lui. Etrange concept ? Original plutôt. Cette maison, tenue par son père, permet d'accompagner les personnes endeuillées, en créant le reflet du défunt, pour les aider à mieux vivre l'absence.

"Il n'y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l'histoire que nous écrivions ensemble"

Un jour, le père de Daniel va lui confier une mission : créer un nouveau décor pour la maison. Et ce décor, il va s'en inspirer en mettant les pieds dehors pour la première fois de sa vie. C'est ainsi qu'il va connaître Violette, une jeune fille qui va le changer à jamais.

Avant tout, je tiens à remercier les éditions Syros de nous avoir fait confiance à nouveau.

Daniel est un adolescent presque modèle, sage, sans histoire, respectueux. Cependant, enfermé dans la maison Edlweiss, il ne connaît pas la réalité. La seule personne qu'il côtoie est Madame Elia, la gouvernante. Il ne voit que très peu son père et le reste de son entourage est composé de reflets.

Néanmoins, Daniel sait ce qu'il veut. En découvrant le monde extérieur, il découvre l'univers de la fête foraine, et fait la connaissance d'Esther, et surtout de sa sœur jumelle : Violette. Daniel va tomber sous le charme de cette dernière.

"Il faut croire que certains sujets sont trop importants pour être partagés avec des gens qui n'écoutent pas vraiment"


L'écriture de Camille Brissot est très agréable et fluide. Curieuse de connaître le fin de l'histoire, j'ai eu du mal à décrocher de ma lecture.

Bien que ce livre soit adressé à un public plutôt adolescent, j'ai réellement apprécié ce roman. L'auteure a su aborder des thèmes importants et lourds avec des mots pouvant toucher un large public, dont moi.

"Il est des douleurs si violentes qu'elles se gravent dans votre chair [ ... ] Elles s'y incrustent, profondément, et la cicatrice ne s'efface plus".

Mention spéciale à la couverture, qui est superbe !

Editions SYROS - Date de parution 2 février 2017
354 pages - 16,95

mercredi 7 juin 2017

Philippe Saimbert - 11 serpents

Quatrième de couverture : La terrible cousine Abeline, aussi riche qu’originale, convie amis et famille dans son domaine pour leur faire une étrange proposition. Elle leur propose un jeu où les participants devront se montrer drôles et machiavéliques.
Elle cédera la moitié de sa fortune à celui ou celle qui remportera le défi.
11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort.
Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l'incontournable twist final.


L'avis d'Elsa

Mes impressions : Avant touche chose, je remercie Philippe Saimbert de nous avoir proposé de découvrir son livre.

Dans "11 serpents", nous suivons Philippe, un écrivain qui ne rencontre pas le succès, un écrivain raté comme on dit. Sa vie privée n'est pas plus glorieuse. Divorcé et père de deux enfants, ces derniers se désintéressent complètement de lui. Quant à son ex-femme, elle ne lui adresse la parole que pour lui réclamer la pension alimentaire des enfants, trop souvent impayée.

Mais Abeline, sa cousine très rock and roll, va peut-être changer son destin. En effet, Abeline vieillit, et pense à sa succession. Elle convoque ses proches pour leur faire part de son choix : transmettre une grande partie de son héritage à l'un deux. Mais attention, pour pouvoir espérer toucher sa fortune, il faudra être le vainqueur d'un jeu qu'elle va mettre en place. C'est ainsi que les "11 serpents" vont se révéler !

Lorsque nous avons reçu la proposition de Philippe Saimbert, j'ai tout de suite été intriguée par le synopsis de son livre. Je me suis imaginée un Cluedo version humaine, sans meurtre à la clé puisque la violence est éliminatoire dans le défi lancé par Abeline. L'idée m'a plu et j'ai aimé l'humour parfois sanglant de l'auteur.

Philippe, qui est au coeur de l'histoire, est un personnage que l'on plaint, mais qui nous énerve à la fois. Las de tout, il se laisse marcher sur les pieds, ne hausse jamais le ton, même lorsque cela est nécessaire. J'ai souvent eu envie de le secouer pour lui demander de se reprendre en main. Mais l'être humain peut être parfois surprenant, et on le constate effectivement ici.

"La vie est cruelle, et il faut s'amuser avec elle avant qu'elle ne s'amuse de nous".

L'argent fait tourner bien des têtes dans "11 serpents", et en général. Philippe, Fred et Eva, M. Dumond, Josette Joseph et leur fille Priscillia, Hubert et Diane, Zoé, Bernadette ... Avec eux, tous les coups sont permis pour remporter le fou défi lancé par Abeline, ou bien juste pour faire du mal intentionnellement.

Dans l'ensemble, c'est une histoire que j'ai bien aimé. La première partie m'a plus emportée, car j'étais curieuse de voir comment Abeline allait mettre en place son jeu mordant. J'ai été complètement surprise par la fin, je ne m'y attendais pas du tout ! L'auteur a réussi son coup et je lui tire mon chapeau !



L'avis de Laetitia 

Mes impressions : Je remercie également Philippe Saimbert d'avoir pris contact avec nous. C'est toujours un plaisir, en tant que blogueuse d'être contactée pour découvrir de nouveaux ouvrages.

 Abeline est une femme au caractère bien trempé. Elle a pour objectif de léguer la motié de sa fortune à l'un de ses proches mais elle choisit de ne pas passer par la méthode traditionnelle et d'organiser un jeu composé de plusieurs défis auxquels sont conviés à participer les possibles héritiers qui sont au nombre de 11.
Celui qui saura écraser l'autre avec le plus d'imagination celui qui sera le plus machiavélique,  l'emportera.

Des personnages hauts en couleurs, de l'humour, une intrigue bien ficelée, j'ai complètement adhéré à ce roman qui a rempli sa fonction: me faire passer un bon moment de lecture!

Chaque individu, chaque serpent a sa personnalité propre et édulcore le tout: une vieille fille acariâtre, un homme d'affaire ambitieux, une jeune fille qui rêve de participer à une émission de télé, un écrivain (le narrateur de notre histoire)  qui espère percer afin de résoudre des différents familiaux...et bien d'autres que nous vous invitons à découvrir par vous-même si vous avez envie de découvrir ce roman.

Comme Elsa, j'ai visualisé le jeu de société Cluedo, un huis clos où les coups bas sont autorisés  pour arriver à ses fins quitte à faire preuve de cruauté et de méchanceté, un véritable panier de crabes!
De nombreuses scènes m'ont fait sourire et je me suis beaucoup amusée!

L' écriture de l'auteur m'a porté sans difficulté jusqu'à la dernière page. Ce roman est riche en surprise, en humour noir et en suspens, la fin est inattendue et toutes les suppositions que j'avais pu faire ne m'ont pas mené vers celle-ci. Bravo à Philippe Saimbert!

En conclusion, un roman diaboliquement efficace, que je vous conseille fortement, pourquoi pas en lecture estivale? 


Date de sortie : 30 octobre 2016
Auto édité - 300 pages
9.99 euros (broché) - 2.99 euros (ebook)

mardi 9 mai 2017

Syndrome 0 - Bénédicte VIDOR-PIERRE


Quatrième de couverture: Primatologue, Ben entretient une relation très particulière avec les grands singes qui occupent le zoo où elle travaille.
Malgré son asociabilité, elle est liée avec la fêtarde et libertine Châle, et Marie-Céline, un peu cruche mais attachante.
Le quotidien  de ces trois femmes s’enracine, au fur et à mesure, au cœur de la frontière entre l’Homme et l’animal qui s’avère de plus en plus trouble.

Notre histoire avec le livre: Nous avions été en contact avec Bénédicte Vidor-Pierre avec son roman " Porte de sortie" qui nous avait plu! Nous avons reçu son petit nouveau ces dernières semaines et sommes très touchées par la démarche.


L'Avis de Laetitia

Mes impressions: Ben est primatologue. Les singes prennent une très grande place dans son existence, ce qui la distingue de ses deux autres amies, Chantal alias Châle, épicurienne et Marie-Céline profondément ancrée dans la réalité. 

Ben ne pense pas aux hommes, n'est pas coquette. Son centre d'intérêt principal reste les primates, leurs évolutions et la prise en considération par l'Homme de leurs consciences et de leurs éveils. 

En effet, Ben est intimement convaincue, par son expérience et par ce qu'elle côtoie au quotidien, que les primates sont capables de sentir, vivre et communiquer avec l'homme. Les singes ont une âme et à travers de nombreuses communications ou conférences, elle tente de transmettre ce message. Mais cela est loin d'être évident car les oreilles et les coeurs ne semblent pas toujours aptes à s'ouvrir et à comprendre. 

Nous sommes donc au coeur de l'existence de ces trois femmes, que nous découvrons au fil des pages. Chacune est bien différente et chacune en a conscience. Souvent, l'une se compare avec l'autre, sous-estime ce qu'elle est, surestime l'autre...ces moments de comparaison apparaissent très régulièrement dans ce roman, ce qui montre une réelle fragilité dans les coeurs de ses femmes, qui se remettent souvent en question et se perdent parfois. 

Découvrir ces 3 caractères m'a plu, Ben étant le personnage que j'ai préféré de par sa complexité. 

Bénédicte Vidor-Pierre aborde également sur de nombreux points scientifiques et philosophiques la place de l'animal et la présence d'une âme pour celui-ci. De nombreux passages m'ont fait réfléchir mais d'autres m'ont également perdu car peut-être trop scientifiques.
La religion est également abordée sur de nombreux points et cela nous pousse clairement à réfléchir et à s'ouvrir, si nous ne le sommes pas aujourd'hui, sur la condition animale et ce que l'on ressent vis à vis d'eux. 

Ce livre m'a permis de sortir de ma zone de confort, ne lisant habituellement pas ce genre d'intrigue et je remercie chaleureusement Bénédicte Vidor-Pierre pour sa confiance renouvelée. 

L'avis d'Elsa

Mes impressions : Ben est primatologue, mais est surtout passionnée par son métier. Son admiration pour les singes est telle qu'elle se sent mieux en leur présence, plutôt qu'avec les hommes.

Solitaire dans l'âme, elle a pourtant deux grandes amies : Châle et Marie-Céline. Ces dernières ont du mal pourtant à comprendre les choix de vie de Ben, mais restent à son écoute. Car ce que souhaite Ben, c'est prouver au monde que les primates ont une âme, et qu'elle est toute aussi importante que celle de l'être humain. 

Après avoir découvert "Porte de sortie", Bénédicte Vidor-Pierre nous a gentiment adressé son nouveau livre, et je la remercie.

N'ayant pas l'habitude de lire ce genre de roman, je souhaitais tout de même découvrir rapidement "Syndrôme O", dont le titre m'intriguait. Avec ses 210 pages, il se lit très rapidement.

J'ai apprécié le fait que l'âme de l'animal soit mise en avant, puisqu'il est un être à part entière, souvent considéré comme un membre de la famille lorsque l'on vit avec. Cependant, le côté scientifique de l'oeuvre ne m'a pas séduite. J'ai d'ailleurs eu du mal à rentrer totalement dans l'histoire.

Je n'ai malheureusement pas pu m'attacher aux personnages, aussi sympathiques soient-il. J'ai tout de même apprécié de pouvoir découvrir autre chose et, comme Laetitia, sortir de ma zone de confort.

Date de sortie : 25 janvier 2016
Les éditions abordables - 210 pages
18.90 euros (broché) 

mercredi 19 avril 2017

Là où le soleil disparaît - CORNEILLE

Quatrième de couverture: " En démarrant ce récit, je savais que les pages du génocide et du massacre de ma famille au Rwanda, en 1994, m'attendaient. Je savais qu'écrire cette douleur passée, c'était mettre des petites cuillerées de pili-pili sur la chair encore fraîche d'une plaie que je voulais à tout prix croire fermée. Et, sur le chemin de la rétrospective, j'ai trouvé d'autres plaies. Vives. Brûlantes. Ce livre, il m'aura fallu presque cinq ans pour le finir. " 

Pour la première fois, le chanteur Corneille revient sur le génocide rwandais, le miracle de sa survie, son espoir infaillible, ses rêves, l'immense succès qui a été le sien, mais aussi ce long recul, ces dernières années, qui lui a été indispensable pour renouer avec son histoire et ses racines. 

Le récit poignant, porté par une écriture d'une rare poésie, d'un artiste, mais surtout d'un homme, à la recherche de sa vérité. Auteur-compositeur-interprète, Cornélius Nyungura, dit Corneille, est né le 24 mars 1977. Parmi toutes les chansons qui évoquent son histoire, Parce qu'on vient de loin et Seul au monde ont bouleversé le public.


Notre histoire avec le livre: Lors de la sortie de cette autobiographie, la maison d'éditions XO nous a contacté afin de nous proposer de la découvrir. Nous avons accepté avec grand plaisir, appréciant toutes les deux ce chanteur qui a bercé une partie de notre adolescence et nous bouleverse encore aujourd'hui. 


L'Avis de Laetitia


Mes impressions: Dans cette autobiographie, Corneille retrace son parcours, de son enfance jusqu'à aujourd'hui. Il raconte ses blessures, ses moments de joie, ses débuts dans la musique, tout ce qui a construit l'homme qu'il est aujourd'hui. 

Avec beaucoup de sensibilité, Corneille de son vrai nom Cornelius, aborde son enfance en Allemagne avec ses parents, son frère et sa soeur, leur retour au Rwanda, son enfance brisée par le drame qui a transformé sa vie et dont il est seul survivant: la disparition de ses parents dans le génocide rwandais.

Avec pudeur, il parle également d'un autre souvenir d'enfance qui a chamboulé son existence: les abus sexuels qu'il a subi de sa tante. 

Si le début de cette autobiographie est pesante de par les drames qui ont brisés l'enfance de Corneille, il y a par la suite de très beaux passages plein d'amour et de poésie. 

En effet, Corneille nous fait part d'échanges très personnels qu'il continue d'avoir avec son père. Ses deux enfants et son épouse Sofia ont également une place prépondérante dans sa vie et sont sa bouée de sauvetage. 

Il évoque  ses sentiments et ses pensées sans détour: la culpabilité de ne pas avoir pu sauver son frère et sa soeur, le sentiment d'échec lorsqu'il aborde sa carrière de chanteur, les échanges très personnels avec ses proches disparus...

Il lui aura fallu 5 ans pour écrire son livre et l'on comprend pourquoi.

J'ai découvert une personnalité très attachante et semblant porter des valeurs que j'estime

Beaucoup d'amour se dégage de ce livre et cela apporte de la douceur face aux tragédies évoquées par Corneille et à ses déceptions musicales. Il y a une certaine philosophie qui se dégage de ses écrits et elle nous rappelle l'importance des petits riens. 

J'ai donc apprécié découvrir son histoire, écrite par lui et conseille cet ouvrage à qui souhaite en apprendre plus sur lui!


L'avis d'Elsa


Mes impressions : Je ne pense pas qu'il soit utile de présenter Corneille. Qu'on aime ses chansons ou non, nous avons tous entendu ses hits "Parce qu'on vient de loin" ou "Avec classe", pour n'en citer que deux. Corneille est un chanteur que j'aimais beaucoup, et je trouvais également son histoire très touchante. Aussi, lorsque les éditions Xo ont proposé de découvrir son autobiographie, nous n'avons pas hésité très longtemps avec Laeti.


Corneille a mis cinq ans à écrire ce livre. Il se livre sans tabou et nous raconte les plus beaux moments de sa vie, mais surtout les pires. 


"L'écriture de mon histoire m'a mené à conclure que je devais le meilleur de ma vie au pire de mon existence".


Né en Allemagne, il rejoindra, durant son enfance, le Rwanda, son pays d'origine. Fragilisé par une sexualité très précoce et découverte anormalement, sa vie va définitivement basculer en 1994, lors du génocide qui a coûté la vie à de nombreux rwandais, dont sa famille. Seul rescapé, il a vu ses parents, ses deux frères et sa sœur se faire tuer. Va s'en suivre une longue traversée du désert avant qu'il puisse s'échapper de ce pays en guerre. 

Le traumatisme qu'a vécu Corneille est indescriptible. Par ses mots, il m'a beaucoup touchée. Je n'ose imaginer sa douleur tant elle est forte. On ne sort définitivement pas indemne d'une telle épreuve.

Après le drame, Corneille nous parle de sa difficile reconstruction, de son avenir incertain, puis de la rencontre qui va changer son destin : Sofia, la femme de sa vie.

"Rien n'est plus fort qu'une femme qui s'aime".

Il va également évoquer, bien entendu, sa célébrité, et notamment le succès qu'a rencontré son album "Parce qu'on vient de loin". Je me souviens avoir écouté cet album en boucle, surtout les chansons "Va, on se reverra" et "Toi", que j'adorais particulièrement. En lisant son autobiographie, j'ai d'ailleurs eu envie de ressorti son album.

"J'ai eu vingt-quatre ans pour trouver ses mots. Il ne pouvait qu'être bon et, mes sincères excuses cher public, je n'en ferai jamais de meilleur".

Et je suis d'accord avec lui. J'ai écouté ses deux albums suivants mais le charme n'a pas autant opérer. Et puis, on passe à autre chose, à un autre artiste, sans se soucier du précédent ...

Corneille se dévoile en toute simplicité. Après avoir connu la gloire, il évoque également la descente aux enfers, puis comment il a tenté de remonter la pente, grâce à sa "nouvelle" famille et sa nouvelle philosophie de vie. 

J'ai vraiment apprécié en savoir plus sur le chanteur bien entendu, mais surtout sur l'homme. Merci encore aux éditions Xo pour leur confiance et leur gentillesse.

"Les rêves ne sont pas toujours faits pour être concrétisés. Parfois, ils sont là que pour rendre l'éveil un peu plus merveilleux que le réel".

"Le problème avec la franchise, c'est qu'on l'accueille rarement avec le cœur ouvert et qu'elle donne suite à des échanges de tirs qui peuvent durer longtemps".

Date de sortie : 4 octobre 2016
Xo éditions - 319 pages
19.90 euros (broché) - 12.99 euros (ebook)

lundi 20 mars 2017

Gavin's Clemente-Ruiz - Comment papa est devenu danseuse étoile


Quatrième de couverture : Depuis qu’il est au chômage, Lucien Minchielli, 47 ans, est affalé sur le canapé du salon. Sophie, sa femme, n’en peut plus. Un jour, subitement, il reprend le sport et s’inscrit au cours de danse de sa fille Sarah, qui en est mortifiée. Paul, le petit dernier, se réfugie chez sa grand-mère, une ancienne danseuse étoile du Bolchoï que son mari a abandonnée à l’annonce de sa grossesse.
Si la danse est une histoire de famille chez les Minchielli, Lucien s’était jusque-là bien gardé de s’y intéresser. Comment la famille va-t-elle survivre à ce nouvel épisode qui bouscule tout leur équilibre ? Lucien va-t-il finir par s’expliquer
sur cette soudaine et incompréhensible lubie ?



Notre histoire avec le livre : Après un premier partenariat réussi, nous poursuivons notre collaboration avec les éditions Mazarine, qui ont gentiment accepté de nous adresser ce titre.

L'avis d'Elsa

Mes impressions : À 47 ans, Lucien, au chômage depuis un an, se métamorphose. Adieu les journées affalé sur le canapé à végéter, et place à la remise en forme ! 

Ce film de danseurs étoile, qui n'a pourtant jamais connu son père, va, du jour au lendemain, se mettre au jogging et surtout ... S'inscrire à la danse classique ! Une façon de renouer avec ses racines ? Ou une lubie ? C'est ce que nous verrons au cours de ce roman.

Lorsque nous avons reçu ce livre, la couverture m'a immédiatement attirée. Avec son titre, je m'attendais à un roman humoristique et décalé, et j'ai été bien servie !

Lucien va radicalement changer de comportement suite à une dépression liée à son licenciement. Sa femme Sophie, qui s'est retrouvée aux commandes de la maison bien malgré elle, apportera une sécurité financière à la famille. Mais elle devra également s'occuper intégralement du foyer et de l'éducation de leurs enfants. Alors, quand elle voit son marie se reprendre en mains sans raison apparente, elle reste dubitative. Crise précoce de la cinquantaine ? Relation extra-conjugale ? Difficile de suivre le quotidien des Minchielli ! 

L'ensemble du roman est narré par Paul, le fils de Sophie et Lucien. Enfant modèle, il va suivre la nouvelle vie de son père, tout en écoutant les doléances de sa mère et de sa sœur. Comme toujours, il pourra compter sur sa grand-mère, qu'il va voir chaque semaine. Cette dernière s'étonne d'ailleurs de la métamorphose de son Lucien. Pourquoi la danse classique maintenant, alors que cela ne l'a jamais intéressé, malgré deux parents étoilés ? 

J'ai trouvé Paul attachant. Fuyant les disputes, il va se retrouver au milieu du conflit familial. Pourtant, il restera à encourager son père dans son nouveau mode de vie, aussi pittoresque soit-il.

Sa sœur Sarah est le cliché de l'adolescente agaçante. Esprit de rébellion, ignorant sa famille, elle ne pense qu'à la danse contemporaine ... Et à Black M, qu'elle écoute en boucle. C'est un personnage que je n'ai pas vraiment apprécié. En réalité, je ne l'ai pas trouvé d'une grande utilité ici.

Ce roman est drôle et touchant à la fois. J'ai eu du mal à comprendre les choix de Lucien au départ, et puis tout s'est éclairé au fil des pages. La plume de l'auteur s'adresse à un public jeune selon moi. Cependant, j'ai apprécié cette lecture qui m'a permis d'évader mon esprit d'un quotidien parfois pesant.

Je remercie une nouvelle fois les éditions Mazarine pour cet envoi, et pour leur confiance.

"On ne pleure pas chez les Minchielli".


L'avis de Laetitia 

Mes impressions : Elsa vous ayant parfaitement résumé l'intrigue, je passe directement à mes impressions.

Tout d'abord, j'ai trouvé cette lecture extrêmement fluide. Le ton léger, adopté par l'auteur, sans pour autant laisser de côté les sentiments des personnages, rend cette lecture attachante et particulièrement agréable.

Lucien est un homme fragile et désabusé en début de roman. Loque humaine, il se désintéresse de tout, même du quotidien de sa famille et pourtant, une vraie révolution va naître dans sa tête lorsqu'il va partir en quête de ses racines. Le fait qu'il trouve de nouveau un but concret à son existence apporte rebondissement et dynamisme à cette histoire car nous le suivrons dans sa quête tout le long.
Teintée d'humour, de joie, de désillusion, c'est avec beaucoup d'humanité que l'auteur nous transporte dans la tête de cet homme incroyable et dans son quotidien familial.

Si le personnage de Sarah m'a également agacé, j'ai trouvé Paul très mûr pour son âge et sa volonté de rester auprès de son père malgré les préjugés de tous m'a beaucoup touché. L'amour père-fils est ici plus fort que tout. Paul est également très proche de sa grand-mère et si vous suivez le blog depuis quelques temps maintenant, vous savez peut-être l'importance que j'attache aux relations inter-générationnelles. La tendresse qui émane de la relation de Paul avec sa grand-mère est palpable lors de chacun de leurs échanges.

Pour venir à l'intrigue, j'ai trouvé que celle-ci était agréable à suivre, même si j'ai trouvé que certains événements étaient peut-être trop faciles à insérer, ou trop rapides dans leurs transpositions.

Je ne pensais pas que le but de ce papa, de devenir danseur étoile, en début de roman, était celui qu'il est ( désolée de ne pouvoir trop en dire, je ne souhaite pas vous spoiler). Je m'attendais à plus de passion, même si clairement, la danse fait partie de la famille Minchielli depuis presque toujours.

Ce roman reste une belle lecture pour moi, légère, tendre, sincère et rafraîchissante et je remercie les éditions MAZARINE pour cette opportunité de découvrir ce livre dont la couverture m'interpellait beaucoup.

Date de sortie : 30 mars 2016
Editions Mazarine - 240 pages
16 euros (broché) - 10.99 euros (ebook)
Existe également en format poche, 7.10 euros