mardi 17 octobre 2017

Une bouche sans personne - Gilles MARCHAND

Quatrième de couverture : Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu'il a été défiguré. Par qui, par quoi? Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d'après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s'ils assistaient à un véritable spectacle. Et, lui qui s'accrochait à ses habitudes pour mieux s'oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l'esprit fantasque de ce grand-père qui l'avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance. 

Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l'on y prenne garde les portes de la mémoire. On y trouve les Beatles, la vie étroite d'un comptable enfermé dans son bureau, une jolie serveuse, un tunnel de sacs poubelle, des musiciens tziganes, une correspondance d'outre-tombe, un grand-père rêveur et des souvenirs que l'on chasse mais qui reviennent. Un livre sur l'amitié, sur l'histoire et ce que l'on décide d'en faire. Riche des échos de Vian, Gary ou Pérec, lorgnant vers le réalisme magique, le roman d'un homme qui se souvient et survit - et devient l'incarnation d'une nation qui survit aux traumatismes de l'Histoire.


Notre histoire avec le livre : En contact avec la Maison d'éditions Aux Forges de Vulcain, il nous a été proposé de découvrir ce roman. Nous remercions de tout cœur David pour sa confiance et sa gentillesse !

L'Avis de Laetitia


Mes impressions : L'histoire commence par cette phrase d'accroche: "J'ai un poème et une cicatrice". 

Cette histoire est celle d'un comptable dont la  particularité est d'avoir toujours une écharpe quel que soit le temps. Celle-ci cache en effet une douloureuse cicatrice...

Chaque jour, nous le suivons sur son lieu de travail: nous sommes en totale immersion dans l'entreprise dans laquelle il évolue, avec ses collègues et les histoires de la machine à café, les conflits de hiérarchie et les pots de départ. Le soir venu, notre narrateur dont le nom n'est jamais dévoilé, retrouve ses amis Sam et Thomas  dans un café sous le regard de Lisa, la patronne mais aussi leur amie qui assiste à leurs échanges et les alimentent parfois. 

Cette routine qui dure depuis de nombreuses années va se trouver chamboulée suite à un incident anodin: notre personnage renverse son café sur son écharpe. 

Sachant qu'il est temps pour lui de se dévoiler et de raconter le mystère du port quotidien de cette écharpe, notre narrateur va se dévoiler petit à petit à ses amis qui finalement ne se connaissent que très peu. D'histoires farfelues en événements dramatiques, nous découvrons d'abord la vie d'un grand-père, personnage fantasque et tendre. 

De nombreux passages m'ont fait pensé à "L'écume des jours" de Boris Vian ou à mon film préféré " Le fabuleux destin d'Amélie Poulain". Une certaine magie se dégage de ces passages. 

Si je me suis parfois demandée où l'auteur souhaitait m'emmener, je me suis aperçue que plus j'avançais dans ma lecture, plus je percevais la teneur émotionnelle qui allait arriver dans les dernières pages. Cela n'a pas raté. La fin de ce roman est pleine d'émotion et m'a bouleversé. 

Ce roman est une franche réussite et je suis ravie d'avoir pu le découvrir. 


L'avis d'Elsa

Mes impressions : Le narrateur est un homme dont nous ne connaissons pas le prénom. Comme s'il voulait effacer son identité, marquer sa grande discrétion. Comptable, il passe ses journées enfermé dans son bureau, sans contact, et le bas de son visage caché sous une écharpe, qu'il porte hiver comme été. Quel est son secret ? 

Las de cette vie monotone, il confie un soir des bribes de vie à ses amis Lisa, Sam et Thomas. Son histoire va susciter beaucoup d'intérêt, et va lui permettre de panser ses blessures, pour, peut-être, pouvoir commencer une nouvelle vie.

Gilles Marchand a réussi à me faire entrer immédiatement dans son histoire. Le côté décalé de la narration m'a intriguée. De cet homme, nous ne savons rien, si ce n'est qu'il cache une cicatrice sous son écharpe. De suite, j'ai eu envie de connaître l'origine de cette cicatrice. Mais l'auteur tient son lecteur en haleine jusqu'au dernier chapitre, revenant auparavant sur le passé du narrateur. 

A la fois poétique et psychologique, ce roman nostalgique est traité avec beaucoup d'humour. J'ai aimé faire la connaissance de cette bande d'amis écorchés par la vie, mais pourtant heureux de se retrouver chaque jour, et de profiter de l'instant présent, sans se préoccuper du reste.

J'ai aimé plonger dans les souvenirs du narrateur, qui évoque longuement Pierre Jean, son grand-père, avec qui il était très complice. De quoi nous faire réfléchir sur l'importance de la valeur familiale. 

La fin du roman m'a touchée, et je dois avouer que je ne m'y attendais vraiment pas. "Une bouche sans personne" est une agréable découverte et je remercie une nouvelle fois les éditions Aux Forges de Vulcain pour leur confiance.

mercredi 23 août 2017

Florence Clerfeuille - Le poids de la colère


Quatrième de couverture : Sait-on vraiment qui on est à dix-huit ans ?
Comme leurs mères avant elles, Isabelle, la rebelle, et Elena, l’enfant adoptée, sont amies depuis l’enfance. Étudiantes à Montpellier en 1986, elles apprennent l’autonomie. S’engagent pour les causes qui les font vibrer. Expriment leurs colères.
De leur côté, Jacqueline et Maryvonne sont toujours inséparables. Mais tellement différentes ! Jusque dans la façon d’accompagner leurs filles vers l’âge adulte.
Et puis il y a ce professeur qu’Isabelle remarque dès le premier cours… Comment va-t-il l’aider à se construire ?


Notre histoire avec le livre : Après avoir dévoré le premier tome "Le frisson de la liberté", Florence CLERFEUILLE nous a gentiment fait parvenir la suite de sa trilogie, avec ce deuxième tome, que nous avions hâte de découvrir. Nous la remercions très chaleureusement. 

L'avis d'Elsa

Mes impressions :  1986, dix-huit ans après mai 68, qui a tracé l'avenir de Jacqueline et Maryvonne, leurs filles, Isabelle et Elena, sont inséparables, tout comme leurs mères au même âge.

Jacqueline est à présent mariée et femme au foyer. Éteinte, elle a toujours eu beaucoup de mal à communiquer avec sa fille Isabelle, très vive et avec une colère constante en elle. Pourtant, les deux femmes ont bien plus de points communs qu'elles ne le pensent.

Maryvonne, quant à elle, élève seule ses deux enfants d'origine coréenne, qu'elle a adoptés. Contrairement à son amie, elle a toujours été très proche de sa fille Elena et de son fils Rafael. Entre eux, il n'y a jamais eu de secrets ... Ou presque, car Isabelle va faire une rencontre qui va plonger sa mère et son amie dix-huit ans en arrière, et faire resurgir un lourd passé.

C'est toujours un plaisir de retrouver Florence Clerfeuille et je la remercie de nous avoir fait une nouvelle fois confiance en nous adressant la suite de cette trilogie féminine et féministe.

J'avais aimé le premier tome, qui m'avait permis d'en savoir plus sur la condition de la femme dans les années 60. L'amitié de Jacqueline et Maryvonne a traversé les années sans prendre une ride, malgré leur évolution. 

La jeune fille rebelle qu'était Jacqueline a laissé place à une femme rangée et effacée. Épouse de militaire, elle ne quitte plus son foyer et reste dans l'ombre de son mari et de sa fille. Maryvonne a elle réussi à mener à bien ses projets. Institutrice à Montpellier, elle se fait muter dans sa ville natale, afin d'être plus proche de son amie et d'accueillir ses enfants dans un bon cadre de vie. Éternelle célibataire, elle ne souhaitait pas s'encombrer d'un homme. Sa vie est bien assez remplie entre son métier et son rôle de Maman.

Ici, nous assistons à la naissance de l'amitié entre Isabelle et Elena, leurs filles. A l'instar de leurs mères, les deux jeunes filles, inséparables, vont mener leurs propres combats. Elena va vite rejoindre SOS racisme, tandis qu'Isabelle va manifester contre le projet de loi Devaquet, ayant pour but de réformer le système universitaire français. Mais le véritable combat de cette dernière va plutôt se mener sur le plan personnel, par une découverte qui va changer sa vie.

Ce deuxième tome, dans la continuité du premier, est également axé sur la femme. Des sujets forts y sont traités, tel que l'avortement, illégal jusqu'en 1975. Ma préférence va pour ce volet, car je me suis beaucoup attachée à Isabelle et surtout à Elena. J'espère pouvoir les retrouver prochainement dans "Le choc de la haine", qui clôturera cette trilogie.

L'avis de Laetitia

Mes impressions : J'étais absolument ravie de retrouver Maryvonne et Jacqueline. Nous les avions laissé à l'aube de leurs vies de femmes et j'étais enchantée de connaître la suite!

Jacqueline s'est mariée avec Patrick, mariage arrangé par sa famille et a mit au monde une petite fille,  Isabelle.
La jeune femme rebelle, forte et indépendante, a laissé place à une épouse passive et à une mère dépassée par le potentiel de sa fille et ne sachant que faire pour créer un lien qu'elle juge inexistant, avec elle. Elle cache un lourd secret, qui au fil du temps, la pèse et met en péril sa relation avec sa fille. Son quotidien n'est donc plus aussi joyeux qu'il a pu l'être dans le passé et c'est avec effacement qu'elle traverse les jours.

Maryvonne, quant à elle, est institutrice, n'est pas mariée mais a deux enfants qu'elle a adoptés, Rafael et Elena, d'origine coréenne. Sa vie la comble et elle trouve beaucoup d'épanouissement de part un métier qu'elle adore et deux enfants raisonnables et tendres envers leur mère. Le lien qui unit ce petit trio est indéniable et particulièrement touchant. Maryvonne a donc réussi sa vie sur tous les plans et cela se ressent de par son équilibre, parfait.

Ici, nous allons continuer à suivre les aventures de Jacqueline et Maryvonne,  mais en filigrane: en effet, les deux personnages centraux de ce deuxième tome sont leurs filles, Elena et Isabelle, qui sont amies tout comme leurs mamans.

Les deux jeunes filles sont tout aussi attachantes que leurs mères et je suis ravie de les avoir rencontré!

Isabelle, empreinte d'une colère et d'une révolution intérieure, qu'elle n'explique pas,  se battra contre la loi visant à réformer l'université et ses pratiques. Elle verra aussi sa vie chavirer par l'arrivée d'un professeur de lettres dans sa vie. Bien plus qu'elle ne le pense d'ailleurs.
En lisant les passages la concernant et après avoir dévoré le premier tome, j'ai beaucoup aimé discerner les petites touches de caractère appartenant à l'un et l'autre de ses parents.
Au défilement des chapitres, nous sentons un apaisement la remplir de par les découvertes qu'elle fera. Isabelle est clairement mon personnage préféré de ce deuxième tome. J'ai aimé sa force de caractère, sa sensibilité cachée par une carapace et sa détermination.

Elena, quant à elle, raisonnée comme sa maman pouvait l'être dans sa jeunesse,  s'investira pour des causes comme l'avortement ou SOS Racisme. Toujours avec justesse et intelligence, nous retrouvons également beaucoup de similitude dans sa façon d'agir, avec sa maman.

Si Mai 68 semble loin dans la chronologie, cette période n'est pourtant pas si loin car plusieurs combats font également vivre les rues : une loi visant à régenter l'université est sur le point de passer l'avortement, illégal, est abordé par Simone Veil et SOS racisme prend place sur les vestes des jeunes avec le Pin's Touche pas à mon pote.

Florence CLERFEUILLE m'a, encore une fois, emporté sans aucune difficulté, à la dernière page de l'un de ses livres. Toujours aussi fan de son écriture, j'ai dévoré ce deuxième tome.
Hâte, maintenant, de découvrir le troisième tome, qui clôturera cette saga.

Je remercie de nouveau Florence CLERFEUILLE pour sa confiance, sa fidélité et sa gentillesse. 

Date de sortie : 6 janvier 2017
FADM - 318 pages
17 euros (broché) - 2.99 euros (ebook)

lundi 31 juillet 2017

Partir - Lucien RIGOLINI

Quatrième de couverture: Paul et Marielle sortent tout juste de l’adolescence lorsque leurs chemins se croisent à Nice, par une belle soirée d’été.

Ils sont en vacances, et rien a priori ne les destine à tomber l’un sur l’autre dans cette grande ville où ils n’ont aucun ami commun.

Et pourtant, dès le premier regard, ils savent : ils feront leur vie ensemble.

Trente ans après cette rencontre, Paul et Marielle sont mariés et s’aiment toujours autant, voire plus encore que du temps de leur jeunesse. Pas un instant, ils n’ont songé à se séparer. Mais alors, pourquoi Paul est-il si nostalgique ? Il s’apprête pourtant à réaliser son plus grand rêve depuis qu’il pratique le ski alpin : gravir le sommet du Mont Blanc, puis redescendre directement en skiant le long de sa face nord.

Et pourquoi Marielle vient-elle finalement à son tour à Chamonix, juste après que Paul a entamé son ascension ?
Au bout du compte, pour quelle raison inavouée Paul s'est-il lancé dans ce périple ? Quel rôle va jouer sa femme, et comment réagira-t-elle ?
« PARTIR », c’est l’histoire d’un amour profond et sincère entre deux individus, qui saura faire voyager le lecteur : Rome, Venise, et bien sûr Chamonix et le Mont Blanc.


Notre histoire avec le livre: Nous avons été contacté par l'auteur et nous le remercions chaleureusement pour cette proposition de lecture. 

L'Avis de Laetitia

Mes impressions: Paul est en pleine ascension du Mont Blanc. Alors qu'il touche son but du bout des doigts, il se retrouve empreint de nostalgie et pense à Marielle, son épouse. 
A travers ses pensées, nous vivons leur rencontre, les moments phares de leur couple, heureux ou non. 

L'originalité de ce roman est que nous avons le point de vue de chaque élément du couple: d'abord Paul, puis Marielle. 

A l'accoutumée, je trouve que ce concept apporte de la richesse à un roman, car nous avons les pensées de tous les personnages, notre connaissance de ceux-ci en devient plus approfondie et nous permet de nous attacher à eux. 

Malheureusement pour moi, pour " Partir", cela n'a pas été le cas: en effet, si la première partie enrichit notre connaissance sur le passé de Paul et sa personne, la seconde partie consacrée au point de vue de Marielle, n'a, à mon sens, rien apporté de nouveau. 

J'ai éprouvé de la difficulté à rentrer dans cette histoire: quelques longueurs sont venues entacher ma lecture. Les descriptions prennent beaucoup de place dans cette intrigue. 
Elles apportent toutefois un vrai + lors de la description des différents voyages du couple au cours de leurs vies. 

Si je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce roman, j'ai toutefois apprécié l'écriture soutenue de l'auteur et sa volonté de nous faire voyager sur les sommets enneigés du Mont Blanc ( je n'ai jamais pratiqué le ski et ce roman m'a donné envie pour le coup!) et dans ces si jolies villes que semblent être Rome et Venise. 



L'avis d'Elsa

Mes impressions : Paul, accompagné de son guide, part dans les Alpes franco-italiennes pour escalader le Mont-Blanc. Cette ascension, il en rêvait. L'occasion pour lui également de réfléchir sur sa vie, et de penser à son âme soeur, Marielle.

Je ne peux malheureusement pas en dire plus car je n'ai pas été au bout de ma lecture. Le synopsis me plaisait bien, et j'ai apprécié pouvoir me rafraîchir dans les montagnes, alors que la canicule frappait à Paris. J'ai également apprécié me retrouver à Rome avec ces jeunes mariés. 

Cependant, le style trop soutenu de l'auteur m'a perdue. J'ai trouvé qu'il y avait trop de longueurs et ai été découragée par les dialogues, trop soutenus également. Je n'ai pas pu rentrer dans l'histoire, bien que Paul m'ait l'air d'être un homme gentil et fou amoureux de sa femme. 

"C'est toujours facile de dire à une femme qu'on est amoureux d'elle. Plus difficile de lui prouver par des actes concrets afin qu'elle ne puisse jamais en douter".

Mon voyage avec Paul et Marielle s'est arrêté en Italie, mais je remercie tout de même Lucien Rigolini de nous avoir proposé de découvrir son livre. 

Date de sortie : 25 septembre 2016
Librinova - 459 pages
21.90 euros (broché) - 3.99 euros (ebook)

jeudi 29 juin 2017

La maison des reflets - Camille BRISSOT

Quatrième de couverture: Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent les morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je-ne-sais-quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aimaient. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.

Notre histoire avec le livre: Nous avons reçu cet ouvrage de la part de la Maison d'éditions SYROS et nous les remercions chaleureusement pour avoir renouveler leur confiance à notre égard, par cet envoi.

L'Avis de Laetitia

Mes impressions: Daniel, adolescent, vit dans une maison des reflets. Cette maison en est peuplée: le principe est de permettre aux proches des disparues de faire leur deuil avec douceur.
Cet environnement si particulier l'a rendu différent des adolescents de son âge. Depuis toujours, il y vit, sans en être sorti. Ses amis sont des reflets, doubles virtuels de personnes disparues. Sa propre mère, morte aussi, continue de veiller sur lui.  

L'adolescent ressent toutefois une grande solitude, son père étant un acharné du travail et n'ayant que peu de temps à lui accorder. Un jour, celui-ci le met au défi de créer un nouveau décor dans lequel évoluera des doubles virtuels. 
Il décide alors de sortir de la Maison et de découvrir cet environnement qui lui est inconnu. Daniel explore alors les différents sentiments humains et découvre les limites de l'illusion face à la vie réelle. 

J'ai adoré cette lecture: on découvre un véritable monde à part entière. Des paysages virtuels enchanteurs, un manoir mystérieux, un personnage principal attachant et tendre et la possibilité de continuer à voir nos proches disparus, tout m'a plu dans ce roman. 

L'écriture de Camille Brissot est d'une fluidité addictive, les chapitres défilent sous nos doigts sans que l'on ne s'en rende compte. A chaque fois que j'ai du délaissé le roman pour reprendre mon quotidien, cela a été avec regret. 

Le deuil est abordé avec délicatesse malgré sa dureté et nous entraîne dans une introspection profonde sur notre manière de le voir. Malgré la dimension fantastique qui est donnée à ce thème, en effet, il est impossible de ne pas se poser de question si nous avions, nous aussi, cette possibilité de rendre visite à des doubles de nos proches partis dans l'autre monde. 

"Et si les fins n'étaient que  le début d'une autre histoire? "

Des thèmes comme l'émancipation, le premier amour, sont également inclus dans cette histoire, qui pourraient plaire à un public jeunesse/adolescent.  Les changements qui surviennent, l'envie de découvrir le monde et l'intensité des émotions pourraient les interpeller. 

Cette lecture a été un coup de coeur: lumineux malgré le sujet, addictif et original, je le conseille fortement. Vous passerez très probablement un excellent moment de lecture, comme moi!



L'avis d'Elsa

Mes impressions : Daniel vit dans la maison des départs, une maison où il a tout : une famille, des amis et où il peut voyager sans sortir de chez lui. Etrange concept ? Original plutôt. Cette maison, tenue par son père, permet d'accompagner les personnes endeuillées, en créant le reflet du défunt, pour les aider à mieux vivre l'absence.

"Il n'y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l'histoire que nous écrivions ensemble"

Un jour, le père de Daniel va lui confier une mission : créer un nouveau décor pour la maison. Et ce décor, il va s'en inspirer en mettant les pieds dehors pour la première fois de sa vie. C'est ainsi qu'il va connaître Violette, une jeune fille qui va le changer à jamais.

Avant tout, je tiens à remercier les éditions Syros de nous avoir fait confiance à nouveau.

Daniel est un adolescent presque modèle, sage, sans histoire, respectueux. Cependant, enfermé dans la maison Edlweiss, il ne connaît pas la réalité. La seule personne qu'il côtoie est Madame Elia, la gouvernante. Il ne voit que très peu son père et le reste de son entourage est composé de reflets.

Néanmoins, Daniel sait ce qu'il veut. En découvrant le monde extérieur, il découvre l'univers de la fête foraine, et fait la connaissance d'Esther, et surtout de sa sœur jumelle : Violette. Daniel va tomber sous le charme de cette dernière.

"Il faut croire que certains sujets sont trop importants pour être partagés avec des gens qui n'écoutent pas vraiment"


L'écriture de Camille Brissot est très agréable et fluide. Curieuse de connaître le fin de l'histoire, j'ai eu du mal à décrocher de ma lecture.

Bien que ce livre soit adressé à un public plutôt adolescent, j'ai réellement apprécié ce roman. L'auteure a su aborder des thèmes importants et lourds avec des mots pouvant toucher un large public, dont moi.

"Il est des douleurs si violentes qu'elles se gravent dans votre chair [ ... ] Elles s'y incrustent, profondément, et la cicatrice ne s'efface plus".

Mention spéciale à la couverture, qui est superbe !

Editions SYROS - Date de parution 2 février 2017
354 pages - 16,95

mercredi 7 juin 2017

Philippe Saimbert - 11 serpents

Quatrième de couverture : La terrible cousine Abeline, aussi riche qu’originale, convie amis et famille dans son domaine pour leur faire une étrange proposition. Elle leur propose un jeu où les participants devront se montrer drôles et machiavéliques.
Elle cédera la moitié de sa fortune à celui ou celle qui remportera le défi.
11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort.
Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l'incontournable twist final.


L'avis d'Elsa

Mes impressions : Avant touche chose, je remercie Philippe Saimbert de nous avoir proposé de découvrir son livre.

Dans "11 serpents", nous suivons Philippe, un écrivain qui ne rencontre pas le succès, un écrivain raté comme on dit. Sa vie privée n'est pas plus glorieuse. Divorcé et père de deux enfants, ces derniers se désintéressent complètement de lui. Quant à son ex-femme, elle ne lui adresse la parole que pour lui réclamer la pension alimentaire des enfants, trop souvent impayée.

Mais Abeline, sa cousine très rock and roll, va peut-être changer son destin. En effet, Abeline vieillit, et pense à sa succession. Elle convoque ses proches pour leur faire part de son choix : transmettre une grande partie de son héritage à l'un deux. Mais attention, pour pouvoir espérer toucher sa fortune, il faudra être le vainqueur d'un jeu qu'elle va mettre en place. C'est ainsi que les "11 serpents" vont se révéler !

Lorsque nous avons reçu la proposition de Philippe Saimbert, j'ai tout de suite été intriguée par le synopsis de son livre. Je me suis imaginée un Cluedo version humaine, sans meurtre à la clé puisque la violence est éliminatoire dans le défi lancé par Abeline. L'idée m'a plu et j'ai aimé l'humour parfois sanglant de l'auteur.

Philippe, qui est au coeur de l'histoire, est un personnage que l'on plaint, mais qui nous énerve à la fois. Las de tout, il se laisse marcher sur les pieds, ne hausse jamais le ton, même lorsque cela est nécessaire. J'ai souvent eu envie de le secouer pour lui demander de se reprendre en main. Mais l'être humain peut être parfois surprenant, et on le constate effectivement ici.

"La vie est cruelle, et il faut s'amuser avec elle avant qu'elle ne s'amuse de nous".

L'argent fait tourner bien des têtes dans "11 serpents", et en général. Philippe, Fred et Eva, M. Dumond, Josette Joseph et leur fille Priscillia, Hubert et Diane, Zoé, Bernadette ... Avec eux, tous les coups sont permis pour remporter le fou défi lancé par Abeline, ou bien juste pour faire du mal intentionnellement.

Dans l'ensemble, c'est une histoire que j'ai bien aimé. La première partie m'a plus emportée, car j'étais curieuse de voir comment Abeline allait mettre en place son jeu mordant. J'ai été complètement surprise par la fin, je ne m'y attendais pas du tout ! L'auteur a réussi son coup et je lui tire mon chapeau !



L'avis de Laetitia 

Mes impressions : Je remercie également Philippe Saimbert d'avoir pris contact avec nous. C'est toujours un plaisir, en tant que blogueuse d'être contactée pour découvrir de nouveaux ouvrages.

 Abeline est une femme au caractère bien trempé. Elle a pour objectif de léguer la motié de sa fortune à l'un de ses proches mais elle choisit de ne pas passer par la méthode traditionnelle et d'organiser un jeu composé de plusieurs défis auxquels sont conviés à participer les possibles héritiers qui sont au nombre de 11.
Celui qui saura écraser l'autre avec le plus d'imagination celui qui sera le plus machiavélique,  l'emportera.

Des personnages hauts en couleurs, de l'humour, une intrigue bien ficelée, j'ai complètement adhéré à ce roman qui a rempli sa fonction: me faire passer un bon moment de lecture!

Chaque individu, chaque serpent a sa personnalité propre et édulcore le tout: une vieille fille acariâtre, un homme d'affaire ambitieux, une jeune fille qui rêve de participer à une émission de télé, un écrivain (le narrateur de notre histoire)  qui espère percer afin de résoudre des différents familiaux...et bien d'autres que nous vous invitons à découvrir par vous-même si vous avez envie de découvrir ce roman.

Comme Elsa, j'ai visualisé le jeu de société Cluedo, un huis clos où les coups bas sont autorisés  pour arriver à ses fins quitte à faire preuve de cruauté et de méchanceté, un véritable panier de crabes!
De nombreuses scènes m'ont fait sourire et je me suis beaucoup amusée!

L' écriture de l'auteur m'a porté sans difficulté jusqu'à la dernière page. Ce roman est riche en surprise, en humour noir et en suspens, la fin est inattendue et toutes les suppositions que j'avais pu faire ne m'ont pas mené vers celle-ci. Bravo à Philippe Saimbert!

En conclusion, un roman diaboliquement efficace, que je vous conseille fortement, pourquoi pas en lecture estivale? 


Date de sortie : 30 octobre 2016
Auto édité - 300 pages
9.99 euros (broché) - 2.99 euros (ebook)